C’est le point de comparaison à partir duquel, des mois ou des années plus tard, on déterminera ce que le locataire doit ou non réparer. Un état des lieux d’entrée précis protège le locataire contre des imputations injustifiées et le bailleur contre des contestations à la sortie. À l’inverse, un constat expédié en cinq minutes se paie cher au moment de la restitution du dépôt de garantie. Cette page détaille la méthode, les points à vérifier pièce par pièce, les délais pour le modifier, et propose un modèle conforme.
Quand et comment réaliser l’état des lieux d’entrée ?
L’état des lieux d’entrée se réalise le jour de la remise des clés, idéalement à la lumière du jour pour bien voir l’état des surfaces. Il doit être établi de façon contradictoire, en présence du bailleur (ou de son représentant) et du locataire, puis daté, signé par les deux parties et annexé au contrat de location. Le logement doit être vide, propre et tous les équipements accessibles pour pouvoir être testés.
Prenez le temps nécessaire : un état des lieux d’entrée sérieux demande souvent trois quarts d’heure à une heure pour un appartement standard. C’est un investissement minime au regard des litiges qu’il permet d’éviter.
Que vérifier pièce par pièce ?
Pour ne rien laisser au hasard, passez méthodiquement en revue chaque pièce et chaque équipement :
- Sols, murs et plafonds : taches, fissures, trous, traces d’humidité, état des revêtements et des peintures ;
- Ouvertures : fenêtres, volets, portes, serrures, poignées, joints et vitrages ;
- Équipements de cuisine et sanitaires : robinetterie, évier, plaques, hotte, WC, douche, baignoire, faïence ;
- Chauffage, prises électriques, interrupteurs, interphone et détecteur de fumée ;
- Relevés des compteurs d’eau, d’électricité et de gaz, notés avec précision ;
- Nombre et type de clés, badges, télécommandes de garage et de portail remis.
Pour chaque élément, indiquez un état précis et, en cas de défaut, décrivez-le clairement (« rayure de 10 cm sur le plan de travail », « trace d’humidité au plafond de la salle de bains »). Une photo datée vaut mieux qu’un long descriptif.
Les délais pour modifier l’état des lieux d’entrée
La loi laisse au locataire une fenêtre pour rectifier un oubli après coup. Il dispose de 10 jours à compter de la signature pour demander la modification de l’état des lieux d’entrée, par exemple s’il découvre un défaut non signalé. Pour les éléments de chauffage, ce délai est étendu : il peut en demander la modification durant le premier mois de la période de chauffe, puisque c’est seulement en allumant le chauffage qu’on peut en vérifier le bon fonctionnement.
Passés ces délais, l’état des lieux d’entrée est réputé accepté et fait foi. D’où l’importance d’être exhaustif dès le départ, et de compléter le document par des photographies datées.
Les erreurs à éviter
Trois erreurs reviennent fréquemment : se contenter de mentions vagues (« bon état » partout), oublier les relevés de compteurs, et ne prendre aucune photo. Chacune fragilise le document. Une quatrième erreur, plus rare mais lourde de conséquences, consiste à ne pas réaliser d’état des lieux du tout : le bailleur se prive alors de toute possibilité de réclamer des réparations à la sortie.
Préparer l’état des lieux d’entrée en amont
Un état des lieux d’entrée réussi se prépare avant le rendez-vous. Côté bailleur, assurez-vous que le logement est propre, vide et que tous les équipements sont accessibles et en état de fonctionner ; remplacez les ampoules grillées et vérifiez que l’eau et l’électricité sont ouvertes pour pouvoir tester les installations. Réunissez les clés, badges et télécommandes à remettre, et préparez le modèle d’état des lieux ainsi que de quoi photographier. Côté locataire, mieux vaut prévoir suffisamment de temps et ne pas se précipiter : c’est le moment de signaler le moindre défaut. Cette préparation conditionne la qualité du constat et limite les contestations ultérieures.
Le rôle des photographies dans l’état des lieux d’entrée
Les photographies sont devenues un complément quasi indispensable de l’état des lieux écrit. Une description, même précise, laisse place à l’interprétation ; une photo datée fige l’état réel d’un élément à un instant donné. Photographiez chaque pièce dans son ensemble, puis en gros plan les défauts constatés : rayures, taches, fissures, traces d’humidité, éléments usés. Pour que ces images aient une pleine valeur, mentionnez leur existence dans l’état des lieux signé et conservez-les avec le document. En cas de litige à la sortie, ce sont souvent les photographies d’entrée qui permettent de trancher rapidement, sans expertise.
Relevés de compteurs et mise en service des contrats
L’état des lieux d’entrée est aussi le moment de relever précisément les compteurs d’eau, d’électricité et de gaz. Ces relevés ne servent pas seulement à l’état des lieux : ils permettent au locataire d’ouvrir ses contrats de fourniture d’énergie sur des bases exactes et d’éviter de payer les consommations de l’occupant précédent. Notez les index avec soin, ainsi que les numéros de compteur lorsque c’est possible. Une erreur ou un oubli à ce stade peut entraîner des litiges de facturation difficiles à démêler plusieurs mois plus tard, lorsque les consommations se sont accumulées.
Que se passe-t-il après la signature ?
Une fois l’état des lieux d’entrée signé, il est annexé au bail et chaque partie en conserve un exemplaire. Le locataire dispose alors de ses délais de rectification — dix jours pour un oubli général, le premier mois de chauffe pour les équipements de chauffage. Passé ce délai, le document fait foi pour toute la durée de la location. Il restera le point de référence au moment de l’état des lieux de sortie : c’est en le comparant ligne à ligne que l’on déterminera ce qui relève de l’usure normale et ce qui peut être imputé au locataire. D’où l’importance d’avoir pris le temps de le réaliser sérieusement dès le départ.
Article rédigé par l'équipe DocuCeo. Contenu informatif, ne constitue pas un conseil juridique. Dernière mise à jour : juin 2026. Sources :article 3-2 de la loi du 6 juillet 1989 ; décret n° 2016-382 du 30 mars 2016 ; article 1731 du Code civil.