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Lettre de congé du bailleur : motifs, préavis et modèle 2026

Le congé délivré par le bailleur met fin au bail à son échéance, mais il obéit à des règles strictes : il ne peut être donné que pour certains motifs, dans un délai précis et selon une forme imposée.

Un congé mal motivé ou hors délai est sans effet, et le bail se reconduit. Ce guide détaille les trois motifs admis, le préavis applicable, la forme de la lettre, le droit de préemption du locataire en cas de vente, et propose un modèle.

Les trois motifs de congé du bailleur

Contrairement au locataire, qui peut partir à tout moment, le bailleur ne peut donner congé qu’à l’échéance du bail et uniquement pour l’un des trois motifs prévus par la loi :

  • Le congé pour vente : le bailleur souhaite vendre le logement libre de tout occupant ;
  • Le congé pour reprise : le bailleur veut reprendre le logement pour y habiter ou y loger un proche (conjoint, ascendant, descendant) ;
  • Le congé pour motif légitime et sérieux : par exemple des manquements du locataire, comme des retards de paiement répétés ou des troubles de voisinage.

Le motif doit être indiqué dans la lettre de congé et, pour la reprise, l’identité et le lien du bénéficiaire doivent être précisés. Un congé sans motif valable est nul.

Le préavis à respecter

Le délai de préavis dépend du type de location. En location vide, le bailleur doit notifier le congé au moins six mois avant l’échéance du bail. En location meublée, ce délai est réduit à trois mois. Le préavis se décompte à partir de la réception du congé par le locataire. Si le délai n’est pas respecté, le congé ne peut prendre effet qu’à l’échéance suivante, et le bail est donc reconduit dans l’intervalle.

Type de locationPréavis du bailleurPréavis du locataire
Location vide6 mois avant l’échéance3 mois (1 mois en zone tendue)
Location meublée3 mois avant l’échéance1 mois

La forme de la lettre de congé

Le congé doit être notifié par un moyen offrant une preuve de réception : lettre recommandée avec accusé de réception, acte de commissaire de justice, ou remise en main propre contre récépissé ou émargement. La date de réception fait courir le préavis, d’où l’importance d’un mode d’envoi traçable. La lettre doit reproduire les mentions imposées par la loi, notamment le motif du congé et, en cas de congé pour vente, les informations relatives au droit de préemption du locataire.

Le droit de préemption en cas de congé pour vente

Le congé pour vente ouvre au locataire un droit de préemption : il peut se porter acquéreur du logement en priorité, aux prix et conditions indiqués dans le congé, qui vaut alors offre de vente. Le locataire dispose d’un délai pour accepter cette offre. S’il refuse ou ne répond pas, le bailleur peut vendre à un tiers, mais si les conditions de vente deviennent plus favorables, le locataire doit à nouveau être informé et peut exercer son droit. Ce mécanisme protège l’occupant et doit être scrupuleusement respecté, sous peine de nullité de la vente.

Le congé pour reprise en détail

Le congé pour reprise mérite une attention particulière car il est strictement encadré. Le bailleur ne peut reprendre le logement que pour y habiter lui-même ou pour y loger un bénéficiaire déterminé par la loi : son conjoint, son partenaire de PACS, son concubin notoire depuis un an au moins, ses ascendants ou descendants, ou ceux de son conjoint. La lettre de congé doit préciser le nom et l’adresse du bénéficiaire ainsi que la nature du lien qui l’unit au bailleur, et justifier du caractère réel et sérieux de la reprise. Un congé pour reprise fictif, dont le logement ne serait finalement pas occupé par le bénéficiaire annoncé, expose le bailleur à des sanctions et à des dommages et intérêts.

La protection des locataires âgés et modestes

La loi protège spécialement certains locataires face au congé du bailleur. Un locataire âgé — au-delà d’un certain âge — et disposant de ressources modestes ne peut, en principe, se voir délivrer un congé sans qu’une solution de relogement adaptée lui soit proposée à proximité, sauf si le bailleur est lui-même âgé ou de condition modeste. Cette protection vise à éviter que des personnes vulnérables ne se retrouvent sans logement. Avant de délivrer un congé, le bailleur doit donc vérifier si le locataire relève de cette protection, car un congé donné en méconnaissance de ces règles serait dépourvu d’effet.

Article rédigé par l'équipe DocuCeo. Contenu informatif, ne constitue pas un conseil juridique. Dernière mise à jour : juin 2026. Sources :loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 (articles 15 et 25-8) ; Service-Public.fr.

Questions fréquentes sur la lettre de congé

Le bailleur peut-il donner congé à tout moment ?

Non. Le bailleur ne peut donner congé qu'à l'échéance du bail, en respectant le préavis (six mois en vide, trois mois en meublé) et pour l'un des trois motifs prévus : vente, reprise ou motif légitime et sérieux. En dehors de ce cadre, le congé est sans effet et le bail se poursuit.

Quels sont les motifs valables de congé ?

La loi n'admet que trois motifs : le congé pour vente (vendre le logement libre), le congé pour reprise (y habiter ou y loger un proche déterminé) et le congé pour motif légitime et sérieux (manquements du locataire). Le motif doit figurer dans la lettre, et pour la reprise, le bénéficiaire doit être identifié.

Comment envoyer la lettre de congé ?

Par un moyen offrant une preuve de réception : lettre recommandée avec accusé de réception, acte de commissaire de justice ou remise en main propre contre récépissé. La date de réception fait courir le préavis, il est donc essentiel de pouvoir la prouver.

Qu'est-ce que le droit de préemption du locataire ?

En cas de congé pour vente, le congé vaut offre de vente au profit du locataire, qui peut acheter le logement en priorité aux conditions indiquées. Il dispose d'un délai pour accepter. S'il refuse et que le bien est ensuite vendu à des conditions plus avantageuses, il doit à nouveau être informé et peut exercer son droit.

Que se passe-t-il si le préavis n'est pas respecté ?

Un congé notifié trop tard ne peut pas prendre effet à l'échéance prévue : il est reporté à l'échéance suivante, et le bail est donc reconduit dans l'intervalle. Le respect du délai de préavis, décompté à partir de la réception du congé, est donc déterminant.

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